5 décembre, Rendre hommage aux victimes de la barbarie coloniale
Rendre hommage aux victimes de la barbarie coloniale
Lundi 5 décembre 2011, un hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie aura lieu à 11h30, place de la République.
Une telle commémoration est le résultat d’une proposition de loi dont la député rémoise Catherine Vautrin a été l’une des promotrices.
Cette proposition de loi a été justifiée par des arguments approuvant et légitimant le colonialisme, présentant les colonisés refusant cet état comme une bande de tueurs et d’assassins.
Quant à la date du 5 décembre, elle n’a aucun sens historique.
Celles et ceux à qui il sera rendu hommage le 5 décembre ne sont pas morts pour la France. Ils sont eux aussi les victimes de la barbarie coloniale qui a animé l’Etat français pendant plusieurs siècles, le poussant à envoyer de jeunes appelés se faire tuer ou tuer pour un ordre social se traduisant par la domination d’un peuple sur d’autres peuples.
Le 5 décembre, ce n’est donc pas un hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie qui devrait être rendu, mais un hommage à toutes les victimes des guerres coloniales.
A l’heure où la France participe, voire initie des guerres néocolonialiste (Afghanistan, Côte d’Ivoire, Libye) et en prépare d’autres (Iran, Syrie), sous la houlette d’un président qui estime que l’homme africain n’est pas encore rentré dans l’histoire, il est important d’éclairer le passé.
De plus, il est inadmissible qu’une municipalité de gauche organise un tel événement niant les crimes d’Etat commis au Maghreb jusqu’en 1962.
Mais il est vrai qu’en 1956, le Président du Conseil (l’équivalent du 1er ministre aujourd’hui), le socialiste Guy Mollet demanda et obtint « les pleins pouvoirs » avec le vote complice du Parti communiste. Pleins pouvoirs qu’il confia aux militaires dont on sait ce que certains en firent : actes de torture, exactions sur les prisonniers et les civils, viols, assassinats ciblés, déportations de population, utilisation du napalm et même une tentative de putsh.
Car tel est le visage passé et présent du colonialisme… Il suffit de regarder du côté de la Palestine pour en voir une forme contemporaine.
Le NPA dénonce donc cette atroce réécriture de l'histoire, cette Insupportable insulte à la mémoire des centaines de milliers de victimes «indigènes» de ce conflit longtemps resté sans nom, cette sordide écholalie aussi où se découvrent des arguments éculés que l'on croyait réservés à quelques ultras de l'Algérie française. Tous espérant pouvoir en tirer quelques avantages électoraux en 2012.
Un livre écrit par un homme qui a été lui-même torturé en Algérie par l'armée française