Sarkozy à Toulon : « La peur est de retour. »
Quel aveu d’échec ! Son premier discours de Toulon en septembre2008 était un monument de mensonges et de démagogie, à la foisprocapitaliste et soi disant antilibérale (« Lemarché tout puisant quidécide de tout, c’estfini. ») Maintenant la crise est bien là, il fautla faire payer aux classes populaires. Le 1er décembre,c’était tout le contraire : la fuite en avant ultralibérale.Attaques contre la sécu, les 35 heures. Au menu : TVA sociale(donc nouvelle casse de la Sécu…) et « sommet social »en janvier pour lutter contre le chômage, et en fait…« lever les tabous surles freins à lacompétitivité française» ! Onespère que les directions syndicales auront la décence de leboycotter.
L’Europede l’austérité.
Cettepolitique se fait au nom de l’Europe. Lors d’un énième sommeteuropéen les 8 et 9 décembre, le tandem Merkel-Sarkozy veut unnouveau « pacte de stabilité ». Le deal officiel, c’estde la « solidarité » européenne (pour payer la dette)en échange de l’austérité partout, avec une discipline imposéeà chaque Etat. Il s’agit d’imposer des critères beaucoup plusstricts sur les déficits publics, avec des sanctions automatiques,et de renforcer le pouvoir du noyau France-Allemagne sur lespuissances moins dominantes.
LeurEurope, dont Sarkozy dit « qu’elle n’est plus un choix,mais une nécessité », c’est l’Europe antisociale etantidémocratique, et finalement l’Europe qui monte les peuples lesuns contre les autres.
Leplan de rigueur du nouveau premier ministre italien Monti est d’uneviolence inouïe : 20 milliards d’aides sociales et deservices publics en moins, de retraites amputées, de baisses dessalaires, de hausse de la TVA… et 10 milliards de « relance »par des subventions et exonérations de cotisations pour lesentreprises !
Décidément,au fur et à mesure que s'approfondit la crise, il devient évidentque l'UE telle qu'elle fut conçue à partir de l'Acte Unique etsurtout Maastricht n'est pas viable dans le cadre d’une telle criseéconomique. Qui dit monnaie commune dit politique budgétairecommune ou au moins étroitement coordonnée. Ce qui est impensableavec des pays aussi hétérogènes que ceux de l'Eurozone. D'où unprojet qui mûrit d'UE « à deux vitesses » et de « règled'or » qui signifie l’austérité pour tous et la casse desacquis.
Cettepolitique est criminelle. Elle est aussi folle puisqu’elle ne faitqu’approfondir la récession. Le nouveau délire politique etmédiatique sur le risque de perte de la note Triple
A de Standard’sand Poor, de toute l’Europe, l’illustre bien ! Il nes’agit justement pas pour eux de « lutter contre la crise »,mais d’administrer une thérapie de choc libérale pour permettre àla bourgeoisie européenne de retrouver de la « compétitivité »et faire plus de profits.
Lebilan de la politique de Sarkozy depuis le début de la crise lemontre bien. Le profit cumulé des cinq plus grandes banques étaitde 21 milliards en 2010. 2 fois plus qu’en 2009. A l’inverse,depuis 2008, il y a 1 million de chômeurs en plus. 10 % des emploisde l’industrie supprimés. En fait, un actif sur six est dans le« halo » du chômage, sans emploi, en emploi aidé pour 6mois, au RSA… Et ça continue : l’OCDE annonce qu’onpasserait de 9,2 à plus de 10 % de chômeurs (au sens « strict » !)dans l’année qui vient.
L’Europedes luttes.
Laréaction des socialistes français est lamentable. Puisqu’ils neveulent pas contester la rigueur, ils cherchent à affaiblir Sarkozy…en lui reprochant de capituler face à l’Allemagne ! Et l’UMPde s’indigner de cette « germanophobie », elle qui necesse de taper sur les immigrés… Un débat surréaliste, qui tendà alimenter la montée des idées nationalistes et réactionnaires.
Toutcela montre l’urgence de faire entendre les réponsesanticapitalistes dans notre campagne.
Nous,nous ne voulons pas un bouclier contre l’Allemagne, mais contreSarkozy, l’austérité, le patronat. Nous voulons un boucliersocial contre les licenciements, le démantèlement des servicespublics, la précarité, les bas salaires. Et nous le voulons àl’échelle de toute l’Europe.
LeurEurope, c’est celle des banquiers et des rentiers. La nôtre, c’estcelle des luttes qui partout ont lieu, celle des Indignés espagnolsqui continuent leur combat ; des Portugais qui accumulent lesjournées de grève générale ; des Britanniques qui ont faitla plus grande grève de la fonction publique depuis 30 ans, le 30novembre dernier ; des Belges qui ont manifesté à plus de80 000 contre le plan d’austérité du nouveau gouvernement ;des Allemands qui protestent contre les « mini-jobs » à5 euros… Nous voulons la saisie des banques et leur unificationdans un monopole public sous contrôle des travailleurs et despopulations. Le seul avenir que peut avoir l’Europe, c’est celuique portent toutes ces luttes. Un avenir anticapitaliste.