Invasion du CA de l'Université à l'appel du Snes Sup et du NPA
L'union du 13 décembre
Hier après-midi le conseil d'administration de l'Université de Reims-Champagne-Ardenne s'est terminé plus tôt que prévu : à la suite d'une intrusion, le président Vistelle a dû cesser la réunion et la renvoyer à une date ultérieure.
Cette intrusion était le fait d'une vingtaine de personnes, étudiants ou enseignants, répondant à un appel de divers organismes dont le syndicat Snesup (syndicat national de l'enseignement supérieur), et le NPA (nouveau parti anticapitaliste).
Les manifestants ont demandé à prendre la parole, ce qui leur a été refusé. Devant leur refus de quitter la salle, le président a mis fin à la réunion.
Le budget de l'Urca avait été discuté et adopté le matin par le conseil, l'après-midi devait porter notamment sur le projet de « Pres », ou pôle de recherche et d'enseignement supérieur, prévoyant le rapprochement entre l'université champenoise et son homologue d'Amiens. « Le principal objet de notre manifestation est le Pres, explique justement un enseignant qui participait à la manif au nom du Snesup, ou plutôt la façon dont il est nous est imposé, d'une façon non démocratique, sans concertation. »
Accusations d'antidémocratie
L'adjoint au maire de Reims Dominique Bunel, qui siège au conseil de l'Urca, estime au contraire que c'est ce genre de perturbation qui bafoue la démocratie, puisque le conseil est composé d'élus dûment mandatés.
Au-delà du dossier Pres, la contestation d'hier comporte une dimension éminemment politique, visant plus ou moins clairement le concept même d'autonomie des universités cher à Nicolas Sarkozy, cette autonomie conduisant à des déficits budgétaires selon ses détracteurs, et par la suite à des mises sous tutelle du recteur (l'Urca n'est pas dans ce cas selon le rectorat).
Le NPA par exemple, ne fait pas mystère qu'il entend profiter de la venue de son candidat à la présidentielle Philippe Poutou, jeudi à Reims, pour discuter de ce sujet. Et rejouer mai 68 ?