Un adjoint à la Maire pour qui les femmes battues ne sont pas prioritaires

Publié le par NPA REIMS

 

Les femmes battues seront donc moins encadrées au CHRS les primevères, faute de vouloir trouver 25 000 €. A contrario, la police municipale pour mettre des PV sera équipée de gilets pare-balles pour un montant total de 18 000 €.Et les amateurs de foot, seront heureux d’avoir une nouvelle pelouse financée pour 250 000 €, l’ancienne ayant coûté à la mairie plus de 900 000 €.Bienvenue dans le meilleur des mondes rémois.

 

 Lors du conseil municipal du 5 décembre, l’adjoint aux solidarités est donc revenu sur la question de la suppression de 4 des  15 postes que compte le CHRS les primevères, établissement dont la vocation est d’accueillir des femmes victimes de violences conjugales et le cas échéant leur enfants.

 

Pour l’adjoint, la mairie a la conscience tranquille. Ces suppressions de postes d’agents qui  appartiennent au Centre Communal d’Action Sociale sont la conséquence de décisions gouvernementales et donc imputables uniquement à celui-ci. Celles et ceux qui disent le contraire d’infâmes suppôts de la droite « dédouanant Sarkozy ».

 

La mairie pourrait bien mettre sur la table les 25 000  € qui manquent suite au désengagement de l’Etat (-8,8%). Mais il ne serait ni  équitable ni juste qu’à Reims il en soit ainsi et qu’ailleurs il en aille autrement.

 

La majorité municipale (PS, Vert, Front de gauche) préfère donc au nom de l’égalité de traitement ne pas résister à la politique antisociale du gouvernement de casse des CHRS, de casse du planning familial et réduire l’aide aux femmes battues.

 

Elle s’aligne ainsi sur le pire en affirmant qu’il n’est pas possible de financer légalement les CHRS. A ville de Lyon a pourtant attribué des subventions à des CHRS. A Grenoble, une subvention d’équilibre est même versée.

 

 Cette orientation politique est le reflet d’un choix délibéré. Des femmes battues bénéficiant d’un environnement protecteur, c’est moins visible moins vendeurs électoralement que des expositions sur le sujet à 90 000 €. Passe encore, l’objectif est bien de sensibiliser à la place des femmes dans la société capitaliste et la violence qu’elles subissent quelle soit économique, physique, psychologique, etc.

 

Si la Mairie ne veut pas verser les 25 000 € au CCAS qui gère le CHRS, c’est bien parce que son budget 2012 s’inscrit dans le contexte pré électoral.

 

 

 

En annonçant l’achat de 18 000 € de gilets pare-balles pour ses flics municipaux, il s’agit de rassurer l’électeur moyen que le journal télévisé de Pernaud gave d’idées reçues sur une France livrées à des bandes armées. Mais Reims n’est pas Kaboul. A moins que comme à Nice, la décision ait été prise de faire de la police municipale, la milice privé du Maire. Cela expliquerait pourquoi  comme à Nice, il va y avoir des centaines de caméras de déployer dans les rues de Reims dont 130 sur le parcours du tramway. Si certains ont bien besoin davantage de protection ce sont les femmes battues pas les policiers municipaux qui mettent des contraventions pour feu rouge grillé ou assurent « la circulation » lors des matchs de foot.

 

 

 

Ben justement puisqu’on parle de foot, la pelouse du Stade Delaune doit être refaite une 2ème fois. La 1ère, elle couté 900 000 €. Cette fois, ce ne sera que 250 000 €. Ouf, on est rassuré. Voilà une priorité que de monter en 1ère division, ça fera au moins une réussite populaire au crédit du mandat. Electoralement ça peut donc payer.

 

  

Face à un tel tableau la majorité municipale commence à se fissurer grave. Après l’adresse du NPA aux élus membres de formations politiques du Front de gauche, les invitants à ne pas voter le budget municipal 2012, deux d’entre eux sur 7 ont eu le courage de s’abstenir.

 

L’un d’entre eux a eu la hardiesse de déclarer : « La guerre des classes n’aura jamais été aussi concrète que ces derniers mois, ce sont les riches qui l’ont déclaré aux pauvres et ils pensent encore qu’il n’y aura pas ou peu de réaction (…) Nous sommes aux responsabilités depuis 2008, il est encore temps de choisir où nous devons placer nos priorités. Par le financement du social, l’accompagnement des créations d’emplois, le logement, la culture (...) Ou reprendre cette seule logique de gestion de leurs dettes et de leurs crises. Oui, il ne reste qu’un tiers du présent mandat avec une logique implacable quant aux réalités qui s’imposent à nous. (…) Faire croire à tous que c’est en diminuant les dépenses que nous résoudront l’absence de recettes ne laisse entrevoir qu’une seule réalité, celle de faire payer toujours plus les mêmes à la contribution nationale ou communale par la disparition de nos services publics. (…) En conscience, ma position sera donc de m’abstenir et de ne pas voter ce budget. En effet, je pense qu’il ne répond pas, pour l’essentiel, aux besoins vitaux exprimés par les Rémois lors de notre élection ».

 

Nous lui disons bravo. Mais est-il encore possible de rester dans une majorité municipale qui expulse les gens du voyage, leur coupe l’eau et l’électricité, augmente les tarifs, créé de nouvelles taxes (TEOM), met en œuvre un budget d’austérité pour 2012 avec  en dotation de fonctionnement - 55% pour le développement durable, - 45% pour la Régie des Equipements Municipaux Sportifs(REMS), - 37% pour la Caisse des Ecoles, - 24,6% pour l’Education, - 8% pour les voiries.

 

  

La seule véritable gauche, c’est la gauche qui rejette cette idée d’austérité et qui défend un service public de qualité pour tous. C’est le Nouveau Parti Anticapitaliste.

 

Publié dans Vie locale

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